09.06.2007
Ma qualification 1000 milles en solitaire : une sacrée aventure !
En effet, après plus de 10 jours de repos mais surtout de remise en état du bateau et notamment la réparation du bout-dehors qui ne fut pas une mince affaire et où l’aide paternelle fut déterminante, je pus enfin partir en qualification.
Pendant tout mon parcours la météo ne m’aura jamais épargné. Dès la pointe du Croisic le vent rentre force 5 Beaufort et donnera le ton de ma qualif, celle-ci sera majoritairement ventée…Cela ne durera qu’un temps car cela mollit dans la nuit au passage de Belle-île mais dès le lendemain c’est du 5 voire force 6 constant avec une houle résiduelle de l’ordre de 4 à 5 m qui déroule. Je précise que je suis parti après la tempête qui a sévi en Irlande avec du force 10 à la clé et dont la France fut balayée par la queue de dépression encore active.
Le 20 mai, la pointe de Penmarc’h est passée, la baie d’Audierne s’en suit ainsi que la Chaussée de Sein et ce sont des bords carrés que je tire ensuite en direction de Ouessant subissant la renverse de plein fouet. A 16h30, je laisse Ouessant à tribord et préviens le Cross Corsen de mon prochain passage dans le rail montant. Rail que je finis de traverser vers les 23h30. Cela s’est bien passé à la faveur d’un ciel bleu et d’une visibilité exceptionnelle permettant d’anticiper suffisamment à l’avance les manœuvres d’évitement.
En début de nuit, rebelote, le vent monte à nouveau et je passe la nuit 2 ris GV, un ris solent et ce jusqu’au lendemain midi où enfin le vent se décidera à mollir pour mon passage près des Scilly le 21 au soir. Je traverse cette fameuse mer celtique, qui peut s’avérer redoutable paraît-il, mais cette fois-ci c’est dans des conditions anticycloniques avec un baromètre avoisinant toujours les 1025-1030 hpa. En étudiant le schéma météo avant de partir, j’avais vu cette fenêtre de 5-6 jours qu’il ne fallait pas rater.
J’atteins la première marque de parcours le 23 mai au petit matin accompagné d’un ballet de dauphins (ils étaient au moins 20) et me rappelle qu’adolescent j’avais effectué un séjour linguistique dans ce beau pays mais à ma grande stupeur je ne vois pas de bateau feu ?!
Celui-ci est sans doute en hivernage et je fais donc le tour de la cardinale sud 1 mill
e au-dessus que je photographie sous toutes les angles. Après une petite douche (froide) à l’aide d’un seau je repars déjà en direction du sud de l’Angleterre et des Scilly et son rail que j’atteins à 2h00 du matin. Grosse frayeur cette nuit là, empétolé complètement et plongé dans un brouillard compact où je distingue avec difficulté mon propre feu de mât, j’évite de justesse une collision avec un cargo. Cet épais brouillard dure jusqu’au début d’après-midi du 24 mai où j’atteins péniblement Land’s end et les Scilly que je finis par passer.
La sécurité primant sur tout le reste, je décide de ne pas tenter le diable et me mets à la cape sèche quelques milles au-dessus du rail, attendant que le vent mollisse et que le brouillard se dissipe (on ne voit pas à 200 m) et j’en profite pour prendre quelques heures de repos réparateur.
Le 25 mai, je laisse Ouessant à bâbord. Le vent est portant et monte progressivement, je fais du 135°, je suis un ris Gv et un ris solent. Le vent va refuser toute l’après-midi et se renforcer me permettant des surfs jusqu’à 12 nœuds, du bonheur !
Mais arrivé à la Chaussée de Sein en début de nuit, le vent monte à force 6 avec rafales à 7 … la nuit va être difficile, renverse de courant contre moi dans la baie d’Audierne où je recule plus que je n’avance. Après 7 jours de mer, la fatigue se fait sentir et la lutte que je mène ne sert à rien et me fait perdre de l’énergie. Je me mets donc à la cape en attendant que cela passe et récupère des forces. Au petit matin, le vent est toujours fort et le Cross prévient que météo France vient d’émettre un Bms avec avis de grand frais pour la fin de journée. La décision est prise en concertation avec le Cross, je fais un stop à Audierne. Arrêt qui va durer jusqu’au mardi, jour de mon départ, car la tempête fut beaucoup plus forte que prévue atteignant force 11 au maximum de son intensité et des Bms se renouvelant tous les jours. Non loin de là, trois personnes ont péris près de la pointe du Raz. On ne plaisante pas avec les éléments lorsqu’ils sont déchaînés. Trois jours émaillés de rencontres vraiment chaleureuses où je m’aperçois qu’au-delà de la performance sportive, l’échange et la rencontre de l’autre nous enrichit tous.
Nouveau départ le 29 mai pour boucler ma boucle. Ces 400 derniers milles seront effectués sans pilote automatique, celui-ci étant en panne. Tans pis, j’en prends mon parti et suis déterminé à finir cette qualification tant les efforts et sacrifices pour en arriver là sont importants.Et cela va très vite puisque je passe Belle-île à 8h00 du matin le 30 mai au près avec un vent de SSW qui prend force 6, puis 7 toute la matinée… alors 2 ris Gv et trinquette jusqu’au milieu de l’après-midi où un front froid vient mettre un peu d’ordre dans tout cela et assainit le ciel. Les sémaphores ont enregistré des rafales à 41 nœuds. C’est vrai, j’ai dégusté, d’autant plus qu’un problème de voie d’eau est venu s’ajouter : la fixation immergée tribord de mon safran a du jeu et laisse pénétrer l’eau à raison de 2 seaux toutes les heures … la galère : tout est trempé dans le bateau et cela durera jusqu’à la fin.
J’arrive sur le plateau de Rochebonne à 23h00 et laisse cette deuxième marque de parcours à bâbord comme prévu après avoir photographié non sans mal les bouées. Direction maintenant l’Ile de Ré, troisième et dernière marque du parcours. Je l’atteins le 31 mai vers 8h30 du matin et la contourne à 11h00 du matin en passant sous le pont de l’île. Très impressionnant car l’atmosphère était instable avec des foyers orageux un peu partout et il ne faut pas se "louper" au passage du pont et les quelques 5-6 m à
peine qui reste au-dessus du mât lorsque l’on est en dessous. Cadeau après le pont : un joli grain m’accueille dans le pertuis breton où je dois arriser mes deux voiles. Le coin est très piégeux avec des hauts fonds partout et des sondes avoisinant les 1 m voir moins à certains endroits. Le reste de l’après-midi sera une succession de grains et de ciel bleu.
Je passe devant Pornichet dans l’après-midi mais ne m’y arrête pas comme prévu, en accord avec la classe mini, car je prévois de terminer ma boucle à Douarnenez pour que le bateau soit présent pour le départ qui aura lieu le 17 juin prochain. Je passe Belle-île tard en soirée du 1er juin dans un vent mollissant et soufflant d’est. Je scotche la nuit et décide d’envoyer le spi pour me déhaler doucement en direction des Glénans.
Je termine ma boucle solitaire à Loctudy le 2 juin car le vent est complètement tombé à l’approche de la baie d’Audierne accompagné encore d’un brouillard épais m’obligeant à m’arrêter plutôt que prévu. Cela n’est pas grave et je suis quitte pour une journée de convoyage avec Pierre afin d’être présent mercredi 13 juin à Douarn' pour débuter les contrôles de sécurité.
Bilan : 1250 milles nautiques pour 12 jours de navigation soit une moyenne de 104 milles par jour et 4,3 nœuds de moyenne. Très heureux d’être parvenu au terme de ces 1000 milles nautiques (++) non sans mal mais transformé par toutes les épreuves subies, les paysages visualisés, les émotions à jamais gravées dans ma mémoire et dont je sors convaincu d’être devenu un peu plus marin qu’avant ! Maintenant, Pierre m’attend, alors place au Mini Fastnet !
A bientôt,
Maxence
20:00 Publié dans Comptes rendus de courses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.05.2007
Select 6.50 2007 : retour sur la 7 ème édition
A première course, premières galères et premières joies !
Retour sur ma première régate de la saison : la select 6.50 et ses 300 milles en solitaire.
Départ en baie de la Baule samedi 5 mai avec un flux de nord établis entre 9 et 11 nœuds avec un grand soleil. Procédure en 8 minutes (solo oblige !), environ 70 bateaux, la concentration sur mon départ est de rigueur. Cela me réussit car je suis pointé environ 20 ème à la bouée de dégagement et un peu près à la même place à la porte située dans la baie avant d’entamer les longs bords de près jusqu’au plateau des Birvideaux et Belle île.
Là, j’assiste impuissant au retour de l’ensemble de la flotte et perd toutes les places acquises. Le bateau a un déficit de vitesse au près, fait déjà rencontré la saison passée et qui devait être résolu pour cette course mais la nouvelle voile est arrivée trop tard pour que je puisse avec elle m’aligner au départ. Alors, la vétusté de la voile qui a plusieurs années et les clés de compréhension qu’il convient encore de trouver sur mon bateau à cette allure font que j’ai du allumer sous grand spi (90 m2) toute la nuit et une bonne partie de la journée jusqu’à ce que… la sous-barbe de mon bout dehors ne rompe et fasse sustenter ce dernier, ce qui a eu pour effet de casser la fourche permettant de le faire pivoter. Nous sommes au deuxième jour de course et je vous raconte pas mon amertume, le bateau est frustré car ses ailes ne peuvent plus se déployer. Du coup, je dois me contenter de mon solent.
Je vis maintenant la course depuis l’arrière mais je me bats au maximum afin de faire avancer le bateau et terminer dans les temps. La seule compensation du jour est d’apercevoir un dauphin au large de l’île d’Yeu. La suite est encore plus difficile, puisque dans la nuit de dimanche à lundi, après avoir passé la marque d’eau saine devant Port Bourgenay et en se dirigeant maintenant vers l’île de Groix, le vent se lève et atteint 7 beaufort toute la journée de lundi avec une mer très houleuse et des vagues atteignant 4m. Le bateau souffre et une poulie de bastaques se rompt sous tension. Sur le moment, j’ai bien cru que j’allais perdre mon mât, c’eut été un bien triste cadeau d’anniversaire. J’ai du me battre pendant plusieurs heures pour mettre en place un système de poulie satisfaisant et ai pris un troisième ris pour soulager le mât. Toute la journée fut une longue lithanie d’abandons : 18 en tout jusqu’à la fin de la course mais ce ne sera pas pour moi et je décide de mettre tout en œuvre pour finir.
Et pourtant devant Belle-Ile, mon solent rend l’âme et explose en plusieurs morceaux, c’est donc sous trinquette que je décide de finir les 90 derniers milles qui me séparent de la ligne d’arrivée. Je passe Groix au petit matin dans une mer difficile mais à la faveur d’un front froid qui dégage pour un moment l’atmosphère humide et laisse apparaître le soleil, c’est magnifique. Toute la journée se fait au portant deux ris GV et trinquette et je me souviens que Vincent Riou, dernier vainqueur en date du Vendée Globe, disait lors d’une vacation radio que c’est la meilleure configuration de voilure pour surfer lorsque les conditions se présentent ! Je confirme qu’en Mini, c’est pareil et là mon bateau aime cela et moi j’adore !
C’est à 18h37, que je coupe la ligne d’arrivée en baie de Pornichet mardi 9 mai, fourbu mais heureux d’être allé jusqu’au bout malgré les difficultés persistantes mais le marin a tenu bon et a ramené son bateau à bon port. Je suis content de ma gestion du sommeil, à priori, je ne suis pas un gros dormeur et trouve dans la navigation en solitaire beaucoup de plaisir.
La suite de la semaine est consacrée à la remise en état du bateau avant de partir en terres celtiques pour ma boucle de 1000 milles en solo entre l’Irlande et la Rochelle… L’aventure continue !
A bientôt pour des nouvelles.
Maxence
13:35 Publié dans Comptes rendus de courses | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
13.07.2006
De retour au Havre !
Ca y est, l 'Open demi-clé est finie et ce sont 3 semaines intenses constituées de grands moments sportifs mais aussi l'occasion de rencontrer des gens passionnés et passionnants !
La course fut vraiment réussie, nous avons appris beaucoup de choses et en avons autant à apprendre, ce qui nous laisse entrevoir une marge de progression importante où technique, navigation, et optimisation du bateau seront au menu !
Je vous invite à consulter le lien ci-dessous (cliquez sur la rubrique Comuniqué), afin de vous remémorer les moments forts de la course.
http://open650.demi-cle.com/2006/fr/intro.htm
Un grand Merci à mes partenaires et aux personnes qui m'apportent leur soutien et leur aide.
A très bientôt pour des nouvelles.
Oups...j'oubliais les premières photos disponibles sont dans l'album qui vient d'être créé à cet effet.
Maxence
15:45 Publié dans Comptes rendus de courses | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
07.03.2006
Le récit de mes courses
20:00 Publié dans Comptes rendus de courses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





