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25.06.2007
Ne lâche rien Paulo !
Tout juste rentré de mon convoyage solo depuis Douarnenez pendant lequel la météo fut une nouvelle fois difficile, je ne peux m'empêcher de penser à Paul Marette, "Paulo", je veux dire. Collègue sur le plan d'eau du Havre et concurent présent pour le Mini Fasnet.
Paulo a tout simplement perdu son bateau dans un terrible incendie survenu dans le port du Tréboul à Douarnenez. Bateau qu'il avait façonné de sa main pendant les 3 longues années de sa construction au cours desquelles il n'a pas ménagé sa peine et en se dépensant sans compter.
La vie est souvent injuste, c'est ainsi mais elle continue alors si j'ai une chose à te dire Paul, c'est, bâts-toi ! je suis sûr que bientôt tu auras un autre bateau et que tous les internautes s'associent à moi pour t'encourager à continuer.
Maxence
PS. Une pensée particulière à Mathieu et Camille dont le super Calin "SETEC" fut aussi touché par l'incendie. Courage à vous les gars !
15:05 Publié dans Dernières nouvelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.06.2007
Au revoir Douarnenez...
En raison du maintien des conditions météos particulièrement difficile sur la pointe bretagne et en manche, le comité de course a définitivement annulée hier le Mini Fastnet ou tout du moins le parcours de substitution n°4 qui devait nous faire contourner Wolf Rock avant de rentrer au port.
J'aurai préféré que la saison se termine différemment. Cependant, la décision du comité de course est totalement légitime tant il est vrai les conditions étaient dures hier jeudi.
Je pars en convoyage solo direction le Havre à partir de demain samedi car les conditions redeviennent maniables. Je pense être rentré début de semaine prochaine.
D'ici là, je vous dis à bientôt !
Maxence
12:35 Publié dans Saison 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.06.2007
Mini Fastnet : départ retardé et modification de parcours...
En raison d'une perturbation active située au nord-ouest du cap Finistère et qui se creuse en se décalant au nord-est avec des vents de l'ordre de 30 nœuds face auxquels les minis auraient fort à faire, ajoutée à cela une mer croisée lors de la rotation des vents du sw au nw, la direction de course a préféré retarder la course en la modifiant. Départ reporté initialement au dimanche 17 juin à 18h00 avec un parcours prévu dans le chenal du four comprenant un aller-retour dans la baie de Douarnenez où la flotte aurait été amenée à se croiser plusieurs fois... et puis finalement en raison de l'aggravation prévue des conditions météos le départ est reporté une nouvelle fois à jeudi en début de matinée sur un parcours encore inconnu à l'heure où j'écris ces lignes.
Voilà, il faut savoir rester philosophe et pour sûr le parcours jeudi sera rapide et intense !
Maxence
09:30 Publié dans Saison 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.06.2007
Ma qualification 1000 milles en solitaire : une sacrée aventure !
En effet, après plus de 10 jours de repos mais surtout de remise en état du bateau et notamment la réparation du bout-dehors qui ne fut pas une mince affaire et où l’aide paternelle fut déterminante, je pus enfin partir en qualification.
Pendant tout mon parcours la météo ne m’aura jamais épargné. Dès la pointe du Croisic le vent rentre force 5 Beaufort et donnera le ton de ma qualif, celle-ci sera majoritairement ventée…Cela ne durera qu’un temps car cela mollit dans la nuit au passage de Belle-île mais dès le lendemain c’est du 5 voire force 6 constant avec une houle résiduelle de l’ordre de 4 à 5 m qui déroule. Je précise que je suis parti après la tempête qui a sévi en Irlande avec du force 10 à la clé et dont la France fut balayée par la queue de dépression encore active.
Le 20 mai, la pointe de Penmarc’h est passée, la baie d’Audierne s’en suit ainsi que la Chaussée de Sein et ce sont des bords carrés que je tire ensuite en direction de Ouessant subissant la renverse de plein fouet. A 16h30, je laisse Ouessant à tribord et préviens le Cross Corsen de mon prochain passage dans le rail montant. Rail que je finis de traverser vers les 23h30. Cela s’est bien passé à la faveur d’un ciel bleu et d’une visibilité exceptionnelle permettant d’anticiper suffisamment à l’avance les manœuvres d’évitement.
En début de nuit, rebelote, le vent monte à nouveau et je passe la nuit 2 ris GV, un ris solent et ce jusqu’au lendemain midi où enfin le vent se décidera à mollir pour mon passage près des Scilly le 21 au soir. Je traverse cette fameuse mer celtique, qui peut s’avérer redoutable paraît-il, mais cette fois-ci c’est dans des conditions anticycloniques avec un baromètre avoisinant toujours les 1025-1030 hpa. En étudiant le schéma météo avant de partir, j’avais vu cette fenêtre de 5-6 jours qu’il ne fallait pas rater.
J’atteins la première marque de parcours le 23 mai au petit matin accompagné d’un ballet de dauphins (ils étaient au moins 20) et me rappelle qu’adolescent j’avais effectué un séjour linguistique dans ce beau pays mais à ma grande stupeur je ne vois pas de bateau feu ?!
Celui-ci est sans doute en hivernage et je fais donc le tour de la cardinale sud 1 mill
e au-dessus que je photographie sous toutes les angles. Après une petite douche (froide) à l’aide d’un seau je repars déjà en direction du sud de l’Angleterre et des Scilly et son rail que j’atteins à 2h00 du matin. Grosse frayeur cette nuit là, empétolé complètement et plongé dans un brouillard compact où je distingue avec difficulté mon propre feu de mât, j’évite de justesse une collision avec un cargo. Cet épais brouillard dure jusqu’au début d’après-midi du 24 mai où j’atteins péniblement Land’s end et les Scilly que je finis par passer.
La sécurité primant sur tout le reste, je décide de ne pas tenter le diable et me mets à la cape sèche quelques milles au-dessus du rail, attendant que le vent mollisse et que le brouillard se dissipe (on ne voit pas à 200 m) et j’en profite pour prendre quelques heures de repos réparateur.
Le 25 mai, je laisse Ouessant à bâbord. Le vent est portant et monte progressivement, je fais du 135°, je suis un ris Gv et un ris solent. Le vent va refuser toute l’après-midi et se renforcer me permettant des surfs jusqu’à 12 nœuds, du bonheur !
Mais arrivé à la Chaussée de Sein en début de nuit, le vent monte à force 6 avec rafales à 7 … la nuit va être difficile, renverse de courant contre moi dans la baie d’Audierne où je recule plus que je n’avance. Après 7 jours de mer, la fatigue se fait sentir et la lutte que je mène ne sert à rien et me fait perdre de l’énergie. Je me mets donc à la cape en attendant que cela passe et récupère des forces. Au petit matin, le vent est toujours fort et le Cross prévient que météo France vient d’émettre un Bms avec avis de grand frais pour la fin de journée. La décision est prise en concertation avec le Cross, je fais un stop à Audierne. Arrêt qui va durer jusqu’au mardi, jour de mon départ, car la tempête fut beaucoup plus forte que prévue atteignant force 11 au maximum de son intensité et des Bms se renouvelant tous les jours. Non loin de là, trois personnes ont péris près de la pointe du Raz. On ne plaisante pas avec les éléments lorsqu’ils sont déchaînés. Trois jours émaillés de rencontres vraiment chaleureuses où je m’aperçois qu’au-delà de la performance sportive, l’échange et la rencontre de l’autre nous enrichit tous.
Nouveau départ le 29 mai pour boucler ma boucle. Ces 400 derniers milles seront effectués sans pilote automatique, celui-ci étant en panne. Tans pis, j’en prends mon parti et suis déterminé à finir cette qualification tant les efforts et sacrifices pour en arriver là sont importants.Et cela va très vite puisque je passe Belle-île à 8h00 du matin le 30 mai au près avec un vent de SSW qui prend force 6, puis 7 toute la matinée… alors 2 ris Gv et trinquette jusqu’au milieu de l’après-midi où un front froid vient mettre un peu d’ordre dans tout cela et assainit le ciel. Les sémaphores ont enregistré des rafales à 41 nœuds. C’est vrai, j’ai dégusté, d’autant plus qu’un problème de voie d’eau est venu s’ajouter : la fixation immergée tribord de mon safran a du jeu et laisse pénétrer l’eau à raison de 2 seaux toutes les heures … la galère : tout est trempé dans le bateau et cela durera jusqu’à la fin.
J’arrive sur le plateau de Rochebonne à 23h00 et laisse cette deuxième marque de parcours à bâbord comme prévu après avoir photographié non sans mal les bouées. Direction maintenant l’Ile de Ré, troisième et dernière marque du parcours. Je l’atteins le 31 mai vers 8h30 du matin et la contourne à 11h00 du matin en passant sous le pont de l’île. Très impressionnant car l’atmosphère était instable avec des foyers orageux un peu partout et il ne faut pas se "louper" au passage du pont et les quelques 5-6 m à
peine qui reste au-dessus du mât lorsque l’on est en dessous. Cadeau après le pont : un joli grain m’accueille dans le pertuis breton où je dois arriser mes deux voiles. Le coin est très piégeux avec des hauts fonds partout et des sondes avoisinant les 1 m voir moins à certains endroits. Le reste de l’après-midi sera une succession de grains et de ciel bleu.
Je passe devant Pornichet dans l’après-midi mais ne m’y arrête pas comme prévu, en accord avec la classe mini, car je prévois de terminer ma boucle à Douarnenez pour que le bateau soit présent pour le départ qui aura lieu le 17 juin prochain. Je passe Belle-île tard en soirée du 1er juin dans un vent mollissant et soufflant d’est. Je scotche la nuit et décide d’envoyer le spi pour me déhaler doucement en direction des Glénans.
Je termine ma boucle solitaire à Loctudy le 2 juin car le vent est complètement tombé à l’approche de la baie d’Audierne accompagné encore d’un brouillard épais m’obligeant à m’arrêter plutôt que prévu. Cela n’est pas grave et je suis quitte pour une journée de convoyage avec Pierre afin d’être présent mercredi 13 juin à Douarn' pour débuter les contrôles de sécurité.
Bilan : 1250 milles nautiques pour 12 jours de navigation soit une moyenne de 104 milles par jour et 4,3 nœuds de moyenne. Très heureux d’être parvenu au terme de ces 1000 milles nautiques (++) non sans mal mais transformé par toutes les épreuves subies, les paysages visualisés, les émotions à jamais gravées dans ma mémoire et dont je sors convaincu d’être devenu un peu plus marin qu’avant ! Maintenant, Pierre m’attend, alors place au Mini Fastnet !
A bientôt,
Maxence
20:00 Publié dans Comptes rendus de courses | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


